• Jeunesse désœuvrée : Attention à la bombe !

    Au Niger, selon des statistiques nationales de 2012,  les jeunes représentent plus de 65% de la population. La constitution du 25 Novembre 2010 en son article 24 stipule : « La jeunesse est protégée par l’Etat et les autres collectivités publiques contre l’exploitation et l’abandon. L’Etat veille à l’épanouissement matériel et intellectuel de la jeunesse. Il veille à la promotion de la formation et de l’emploi des jeunes ainsi qu’à leur insertion professionnel »

    Tous les gouvernements qui se sont succédés ont promis un lendemain meilleur aux jeunes appelés affectueusement « fer de lance » ou « l’avenir du pays ». Mais  voila, plus de cinquante (50) ans après l’indépendance, les attentes de la jeunesse restent entières. L’école publique est en phase de privatisation, les soins de santé de plus en plus inaccessibles aux jeunes, en majorité pauvres et sans emploi. 
    Malgré tout, les jeunes nourrissent l’espoir que leur sort pourrait s’améliorer, avec l’exploitation des ressources minières et pétrolières du pays, mais surtout avec les promesses faites par le Président de la VIIème République qui, dans  son programme dit de « Renaissance »,  s’est fixé comme objectifs de créer cinquante mille (50.000) emplois chaque année et insérer au cours de son premier mandat 100.000 jeunes dans différents secteurs porteurs.
    Trois (3) ans après l’avènement de la 7ème République, grande fut la déception des jeunes qui  constatent aujourd’hui que les promesses mielleuses ne sont en fait que des mirages! La jeunesse est plus que touchée par le chômage, n’a pas accès à un enseignement de qualité et reste sans protection. En plus, le pouvoir en place use de vieilles pratiques pour l’instrumentaliser afin de mieux l’utiliser lors des prochaines consultations électorales. 
    La mauvaise gouvernance, l’utilisation des jeunes à des fins propagandistes, et les promesses  non tenues risquent un jour, si l’on n’y prend garde, de déclencher dans le pays un vaste mouvement de révolte, car une jeunesse désœuvrée et en colère peut être une véritable bombe.    Si nos dirigeants ont peur des terroristes aujourd’hui, avec toutes les mesures de sécurité qu’ils sont en train de prendre, il est tout aussi urgent de trouver de l’emploi aux jeunes, car la colère de ces jeunes peut être plus dangereuse que celle des forces obscures qu’ils combattent sans même les voir, ni les connaître.
    Aujourd’hui force est de constater que la disposition constitutionnelle en faveur de l’épanouissement des jeunes est délibérément et impunément violée, car la jeunesse abandonnée à son propre sort, n’est sollicitée que pour des besoins électoraliste. Quant à la question de la promotion de la formation et de leur insertion, beaucoup reste à faire. La démocratie ne se résume pas seulement à l’organisation périodique des élections générales et locales, mais elle est plutôt un système qui doit également prendre en charge les préoccupations de cette jeunesse qui constitue la majorité de la population.
    Il est difficile à l’heure actuelle de forger la citoyenneté qui est le sentiment d’appartenance à une nation, la participation à la vie de la communauté chez les jeunes, dans la mesure où ces derniers se sentent trahis et abandonnés par le système désastreux mis en place par les princes qui nous gouvernent.

                                                                                                Mamane Kaka Touda


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