• Les « palais » à Zinder 

    Quand des jeunes sèment la terreur….

    Depuis quelques années, la situation des jeunes à Zinder ne cessent de se dégrader. A l’instar des autres villes du pays, il n’est pas rare de voir des jeunes assis par petits groupes au tour des théières savourant du thé. Ce qui les distingue des autres jeunes, c’est le fait d’utiliser la force pour se faire entendre. Le phénomène des « Palais » en est une illustration. Dans les années 80, le quartier Kara Kara peuplé des personnes en situation de handicap notamment de lépreux victimes dit-on de « Akan Laya » (serments coraniques. Les habitants de ce quartier situé à la périphérie de la ville de Zinder, vit de la mendicité et n’a pas accès aux services sociaux de base. Certains vont avec leurs enfants au Nigeria, au Ghana, au Benin ou en la Côte d’Ivoire pour y mendier.

    La pauvreté et la marginalisation des jeunes issus de ce quartier, ont poussé un groupe de jeunes à créer dans les années 90, les « Palais». Ce sont des groupes de jeunes de quartiers armés de coupe-coupe, flèches, couteaux et lance pierres qui se font la guerre entre eux, souvent autour des jeunes filles qu’ils appellent « Zaboua » qui signifie pintade en hausa mais souvent autour des jeunes filles qu’ils appellent « Zaboua » qui signifie pintade en hausa. Mais en réalité, c’est une fille qui fréquente les palais ou de son gré ou parce qu’elle a été forcée pour offrir son corps à la bande. La chasse d’une « Zaboua » se fait à bord des motos. Ces rapts et bagarres entres jeunes de «  palais » font régulièrement des blessés et même des morts. L’Unicef tente d’éradiquer ce phénomène de violence urbaine à travers un projet de formation et de réinsertion sociale des jeunes des « palais ». Mais le chômage des jeunes ne fait qu’exacerber le phénomène. Il est arrivé que des jeunes des « palais » soient utilisés par des politiciens pour exécuter de sales besognes. C’est la pratique des « BANGA SIYASSA » c’est à dire l’utilisation des jeunes à des fins de propagande politique Avec la prolifération de telles organisations, il va sans dire qu’on assistera à une recrudescence de la violence marquée de haine, de déception et de frustrations multiples. Les organisations de la société civile, les médias et tous les hommes et femmes épris de paix et de justice se doivent de prendre à bras le corps ce phénomène de palais à Zinder pour trouver définitivement une solution. Le risque est grand de voir le phénomène s’amplifier et même se propager dans d’autres contrés du pays YAHAYA BADAMASSI


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