Il s’agit d’abord de la pauvreté (63% de la population vis en dessous du seuil de pauvreté et les femmes représentent les 2/3). La vulnérabilité économique et financière des femmes est la cause principale de leur dépendance vis-à-vis des hommes. Cette dépendance marque leur faiblesse quant à la libre prise de décision sur tous les plans qu’il soit économiques, sociaux et culturels.
Ensuite, l’ignorance et l’analphabétisme des femmes constituent également un frein quant à leur implication dans les affaires politiques. En effet, le faible taux d’achèvement scolaire des jeunes femmes dû parfois au mariage précoce ou à l’abandon lié au problème de tutorat pour les zones rurales, prouve leur absence parmi les hauts cadres de l’administration. Ignorant aussi leurs droits, il leur est impossible de jouir pleinement des droits qui leur sont reconnus à travers les textes nationaux et internationaux.
Enfin, les pratiques sociales fondées sur la religion et les coutumes, sont sans nul doute les principaux goulots d’étranglements de la libre participation politique des femmes. Ces pratiques fondées sur le patriarcat se manifestent par l’infériorisation des femmes dans la société, celles-ci ne doivent pas se prononcer devant les hommes et doivent rester sous leur coiffe. Ces stéréotypes et préjugés vont même plus loin au point où dans certains milieux traditionnels, les femmes engagées politiquement sont pointées du doigt comme des prostituées, de femmes de mœurs légères !
Seyni Yaye Maimou et Omou Moumouni